Les Sahraouis déterminés à défendre leurs droits légitimes (Président de la République)

Bir Lehlou (territoires sahraouis libérés), 10 sept 2020 (SPS) Le Président de la République, Brahim Ghali, a appelé une nouvelle fois l'ONU à entreprendre des actions "sérieuses et concrètes" pour aboutir à la décolonisation du Sahara occidental, soulignant la détermination du peuple sahraoui à prendre les mesures nécessaires pour défendre ses droits légitimes.

"Après 29 ans depuis l'entrée en vigueur du Plan de règlement ONU-OUA et du cessez-le-feu, le peuple sahraoui est déterminé à prendre les mesures nécessaires pour défendre ses droits légitimes et à faire en sorte que la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) s'acquitte de son mandat et de ses fonctions conformément aux principes généraux applicables aux opérations de maintien de la paix de l'ONU", a souligné Brahim Ghali, également secrétaire général du Front Polisario, dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

"Ce que nous attendons de l'ONU, par conséquent, c'est de voir des actions concrètes et sérieuses prises en vue de la mise en œuvre intégrale et rigoureuse du plan de paix en permettant à notre peuple d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance, conduisant ainsi à la décolonisation de la dernière colonie d'Afrique", a-t-il réaffirmé dans la lettre qui a également été remise au Président du Conseil de sécurité pour être publiée en tant que document officiel du Conseil.

Dans cette missive, le président de la République fait part de la "frustration" du peuple sahraoui face à l'inaction de l'ONU et à la non-exécution du mandat de sa mission, en plus de son "silence" face aux obstacles marocains à la paix, rappelant l'objectif essentiel du plan de règlement ONU-OUA qui consiste à parvenir à "une solution juste et définitive de la question du Sahara occidental conformément à la résolution 1514 (15) de l'Assemblée générale au moyen d'un cessez-le-feu et de la tenue d'un référendum sans contraintes militaires ou administratives pour permettre au peuple du Sahara occidental l’exercice de son droit à l’autodétermination".

Cependant, a déploré M. Ghali, l'ONU n’a pas réussi jusqu’à présent à mettre en œuvre le mandat pour lequel la MINURSO a été créée et à mener à bien la décolonisation du Sahara occidental. Ce qui est encore pire, c'est que tant l'ONU que la MINURSO ont toujours maintenu "un silence assourdissant face aux actions annexionnistes continues du Maroc dont le but est d'imposer un fait accompli par la force au Sahara occidental occupé (depuis 1975) et de saper le statut juridique du Territoire en tant que territoire non autonome en attente de décolonisation".

De plus, a poursuivi le Président de la République dans sa lettre, "l’ONU a choisi de fermer les yeux alors que le Maroc persiste dans ses actions visant à saper le caractère international exclusif de la MINURSO et à entraver la Mission dans la mise en œuvre de son mandat". De ce fait, l'occupant marocain "continue d'imposer l'utilisation de plaques d'immatriculation marocaines sur les véhicules de la MINURSO et insiste pour apposer des tampons marocains sur les passeports du personnel de la MINURSO à leur entrée et à leur sortie du Sahara occidental", a-t-il déploré.

Pourtant, a-t-il rappelé, lorsque le Front Polisario a décidé d'accepter le cessez-le-feu en 1991, celui-ci était - et est toujours - fondé sur la pleine mise en œuvre du Plan de règlement ONU-OUA pour lequel la MINURSO a été exclusivement créée.

Pour le Front Polisario, le cessez-le-feu en cours fait partie intégrante d'un accord global intégré, à savoir le Plan de règlement ONU-OUA, qui a été accepté officiellement par les deux parties, le Front Polisario et le Maroc, et approuvé par le Conseil de sécurité dans ses résolutions pertinentes, a tenu à souligner le Président Ghali.

Le cessez-le-feu, par conséquent, "ne peut jamais être considéré comme un arrangement distinct du Plan de règlement ONU-OUA ou une fin en soi, mais seulement comme un moyen de créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre du plan de paix dont le but ultime est la tenue du référendum d'autodétermination pour le peuple du Sahara occidental conformément aux termes du plan de règlement ONU-OUA", a-t-il précisé, regrettant une nouvelle fois, l'incapacité du Secrétariat de l'ONU et du Conseil de sécurité d'"agir avec fermeté" pour mettre fin aux "tentatives délibérées du Maroc de torpiller le mandat de la MINURSO et de consolider et de normaliser de force son occupation illégale de certaines parties de notre pays".

Et c'est dans ce contexte que le Front Polisario a, à la suite de l'adoption de la résolution 2494 (2019) du Conseil de sécurité le 30 octobre 2019, annoncé qu'il ne lui restait d'autre choix que de reconsidérer son engagement dans le processus de paix de l'ONU qui a été radicalement dévié de son cours convenu, a conclu Brahim Ghali.  (SPS)

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